Étude de Faisabilité de la “Croix Glorieuse”de Dozulé
et du Sanctuaire de la Réconciliation.



« Chaque bras doit mesurer 123 mètres et sa hauteur 6 fois plus »

Les dimensions de la Croix et son emplacement ont été donnés par Jésus le 5 avril 1974 à Madeleine Aumont lors de la 15 ème apparition :

 

“ La Croix Glorieuse doit être élevée sur la Haute-Butte, la plus proche de la limite du territoire de Dozulé, à l’endroit exact où se trouve l’arbre à fruits, l’arbre du péché, car la Croix Glorieuse relèvera de

tout péché. Ses bras doivent se dresser de l’orient à l’occident. Chaque bras doit mesurer 123 mètres et sa hauteur 6 fois plus.

 

C’est à partir de ces 123 mètres, lieu qu’occupe la Croix, que doivent se mesurer les 100 mètres. Puis faites creuser un bassin de 2 mètres sur 1,50 mètre et 1 mètre de profondeur. Faites un enclos. De l’eau en sortira. 


 

 

La Croix comparable à Jérusalem mesure donc 123 x 6 = 738 mètres.

Gérard Cordonnier fit 3 projets de Croix avec des largeurs de poutre de 21, 42 et 60 mètres. A la suite de la venue de Saint

Michel le 10 décembre 1976, Madeleine Aumont eut la vision des trois Croix et de l’élimination des 2 extrêmes. La largeur de la Croix est donc de 42 mètres, son envergure atteint : 123 + 42 + 123 = 288 mètres  Gérard Cordonnier imagina une Croix haubanée constituée de

cadres identiques de 41 mètres de haut par 42 de large allégés par des ballons d’hélium :

18 pour le tronc 41 x 18 = 738 mètres et 3 pour chaque bras 41 x 3 = 123 mètres

 

Le 13 septembre 1992 en la fête de la Croix Glorieuse,

Daniel Blanchard propose à Ressource d’étudier la faisabilité technique de la Croix Glorieuse. :

“Pour la construction de cette grande nef, image du bateau de l’Église, je verrais comme à St Pie X à Lourdes : la colline et l’herbe préservées, au-dessus des 12 structures du sous-sol comme un dôme du sanctuaire souterrain“ D.B.

 


 

 

 

L’étude de faisabilité s’est réalisée progressivement en 4 temps :

 

1) la découverte de la structure de la Croix

 


Notre première démarche fut de poursuivre la solution haubanée proposée par Gérard Cordonnier. Rapidement nous nous sommes rendu compte qu’elle conduisait à une emprise de haubans trop importante, et l’allégement par ballons d’hélium augmentait considérablement la prise au vent pour un allégement trop faible.

Nous avons envisagé ensuite une Croix lumineuse par rayons lasers et nous nous sommes heurtés à l’impossibilité de les matérialiser sans le support d’un écran. Nous nous sommes donc orientés vers une conception autoporteuse. Nous avons préféré l’acier

dont les propriétés de résistance sont bien connues,  aux solutions en matériaux composites ou en béton spéciaux dont on ne connaît pas à long terme la fiabilité. De plus, la solution en béton conduisait à une prise au vent beaucoup plus importante. Sans oublier, selon Daniel Blanchard, la symbolique : un seul matériau pour un seul Christ.

 

Première esquisse  de la croix et premiers calculs :

La première esquisse fut une Croix de forme conique subdivisée en tronçons de 41 m de haut et de diamètre :   42 m à la base et 7 m à la cime pour le tronc et 11 m à 7m pour les bras.

 

Une structure légère entourant la croix permettait d’atteindre les 42 m de dimension extérieure.

 

 

 L’application des règles Neige et Vent à la structure conique de la croix a permis de calculer le moment fléchissant et  l’effort tranchant auxquels elle était soumise ainsi que son déplacement à la cime par vent extrême :   soit respectivement : 2 200 000 tonnes-mètres de moment fléchissant, 7 250 tonnes d’effort tranchant  et 15 mètres de déplacement à la cime. Pour que la croix conique puisse résister à ces efforts, l’épaisseur d’acier à la base devait être de 10 cm.

Le déplacement à la cime étant trop important nous avons pensé les réduire de moitié en doublant la coque conique. Nous avons alors pensé à 2 couronnes concentriques. Daniel pensa aux 2 anneaux de mariage, à l’image de l’union sponsale du Christ et de l’Eglise.

Pour les fondations, lors de l’étude préliminaire de la croix haubanée, nous avions pensé l’appuyer sur une rotule. Cette rotule recevant tous les efforts était en appui sur une structure carrée à 12 appuis,  inspirée de la structure de la Jérusalem céleste figurant sur le blason de la Famille de Nazareth. Cette structure carrée nous a fait penser  à l’image de l’Eglise, du Christ et des 12 apôtres.

Les entreprises de construction métallique à qui nous avons montré les premiers calculs nous ont conseillé de choisir une structure en tube plus facile à mettre en oeuvre qu’une coque conique.

Ainsi nos recherches nous ont conduit progressivement jusqu’en septembre 1993 à concevoir une structure tubulaire tridimensionnelle. La forme a été trouvée par Daniel à partir du symbole des 12 apôtres qui portent l’Église : les 12 piliers porteurs unis par les deux anneaux du Christ et de l’Église, les deux couronnes concentriques comme deux anneaux de mariage, inspirées par  les calculs. Enfin, les triangles équilatéraux sont choisis selon Daniel comme signes de la Sainte Trinité qui  structure et unifie la Croix. Les triangles isocèles rappellent Joseph et Marie et tous les couples d’amour.

 

La couronne intérieure est constituée de 12 plans verticaux de triangles équilatéraux de hauteur 41/6 soit 6.83 m et 7.89 m de côté, disposés sur le diamètre 30.49 m. La couronne extérieure disposée sur le diamètre 41.65 m est constituée des 12 piliers porteurs. 

Ces 2 couronnes sont triangulées entre elles verticalement par des lacis et horizontalement par 12 triangles équilatéraux de 7.62 m de côté.

Les diamètres des tubes vont s’amenuisant au fur et à mesure qu’on s’élève en altitude. Les piliers porteurs font 2 mètres de diamètre à la base et 40 cm à la cime, la paroi intérieure est constituée de tubes de 80 cm à la base et 24 cm à la cime.

Les bras de la Croix présentent la même structure que le tronc et s'interpénètrent.

A chacune des extrémités des bras et de la cime, légèrement en retrait, Daniel a voulu une rosace à huit branches signifiant la résurrection. Elles sont même, pour l’inculturation, la réplique de la rosace de l’église de Dozulé.

               La Croix est constituée de 10 850 tubes totalisant 93 242 mètres de longueur et de        2760 nœuds d'intersection réunissant en général 8 tubes. Le nombre total des triangles structurant la Croix est de 9888.  Le nombre des triangles équilatéraux, sans que nous l’ayons cherché, était de 2664 soit 3 fois 888, chiffre trois fois symbolique de la résurrection.

Par la suite, lorsque nous avons dessiné le cœur de la Croix, il fut nécessaire pour des raisons constructives de regrouper les nœuds du tronc et des bras pour les rendre concourants en leurs centres. Ce fut possible en dilatant légèrement les 2 tronçons concourant du cœur de la croix de 41 à 42 mètres. Pour conserver le nombre de  triangles équilatéraux, nous avons alors agrandi la couronne intérieure à la base des triangles, ce qui a eu pour effet de donner à la croix un cœur formé de quatre lobes.

 

 



 

 

 

2) La croix dans son environnement : premiers calculs au vent , premiers sondages du sol et  ébauche des fondations


 

 


A) le comportement de la structure au vent :

 

En janvier 1994 nous avons confié l’étude du comportement statique et dynamique de la croix telle que nous l’avions conçue au  Centre Technique Industriel de la Construction Métallique (CTICM) qui ont dimensionné les barres constitutives en analysant leur contraintes sous l’effet des charges permanentes et des surcharges de vent, selon les règles Neige et Vent et celles du Code européen de la construction mécanique (CECM).

 

Voici des extraits des conclusions de leur rapport d’études sur le comportement statique de la croix en avril 1994 :

« Après avoir  estimé :

- le poids de la structure métallique permettant d'assurer la résistance aux

actions appliquées, et la limitation de la déformabilité à une valeur raisonnable.

- la déformation en tête de la croix, sous les effets du vent,

- les effets secondaires induits par cette déformation,

- l'influence d'une inclinaison du massif de fondation.

 

 

 

 

Modèlisation du tronçon de pied sur Robotbat

 

à l'examen des résultats de cette étude statique, première étape d'une étude de faisabilité d'une croix autoporteuse de 738 m, nous pouvons faire plusieurs observations.

Compte-tenu du poids estimé en permanence au fur et à mesure de “l'optimisation” des sections (88 000 tonnes), et de la valeur également estimée en permanence des actions du vent sur la Croix (248 km/h en vent extrême) et des hypothèses prises :

- marge de 5 % pour le poids, marge de 10 % pour le vent due à une prévision d'équipements additionnels,

- acier limité pour l'instant à de l'acier 355 MPa, de limite élastique couramment utilisé dans les constructions d'ouvrages d'art, et ne laissant ainsi que peu d'aléas sur leur mise en oeuvre,

-élancement des tubes constitutifs limité à une valeur de 100,

- épaisseur des tubes de 16 mm minimum choisie pour des raisons de tenue dans le temps,

nous arrivons à une gamme de tubes parfaitement élaborables et parfaitement aptes à être mis en oeuvre. »

 

 

« ... La déformabilité de la Croix fait estimer à 10 m la flèche en tête sous un vent normal (17 m sous vent extrême) et à 24 secondes la période propre du premier mode de flexion. »

            Le calcul du comportement dynamique de la Croix fut poursuivi selon les règles CECM et achevé en juillet 1994. Il utilisa un modèle filaire simplifié . Le calcul a permis de déterminer les différents modes propres de flexion et de rotation et d’évaluer la composante supplémentaire due aux efforts dynamiques, équivalente à 20 % des efforts statiques ce qui ne remettait pas en cause la faisabilité.                         

      

mode 1          mode 3

   

mode 2           mode 4

La conclusion a montré qu’à partir des calculs établis sur des données théoriques, il convenait d’être prudent et de procéder à des essais en tunnel aérodynamique, sur maquettes beaucoup plus proches de la réalité pour permettre de confirmer la faisabilité et d’infirmer des instabilités éventuelles.

Le rapport  conclut aussi à la nécessité d’approfondir les connaissances météorologiques du site.

En septembre 94, nous avons alors réalisé avec l’aide de la société Eiffel une première maquette d’un tronçon  de la croix selon les modèles utilisés en soufflerie aérodynamique.

 


 

 

 

 


B) Premiers sondages et ébauche des fondations de la Croix


La première étape de l'étude des fondations a consisté en une reconnaissance de sol par neuf sondages électriques réalisés par la société TECHSOL en janvier 1994.

Puis cette reconnaissance a été complétée par une étude bibliographique réalisée par le CEBTP, (Centre Expérimental de recherches et d’études du Bâtiment et des Travaux Publics).

Terminée en juillet 1994 cette étude a rassemblé les informations géologiques et géomécaniques permettant un calcul élastique aux éléments finis, d’un premier projet de fondation en interaction avec le sol.

 

Ce premier projet consistait en  une poutre rayonnante de 25 mètres d’épaisseur et 83 mètres de diamètre en appui

périphérique sur une paroi subcirculaire de 1.5 m d’épaisseur descendant jusqu’à 135 mètres de profondeur réalisée en barettes profondes selon les techniques Solétanche Bachy.

 

Premières fondations : déplacements

 

 

Les résultats reçus en décembre 1994 ne purent conclure à la faisabilité immédiate étant donné le trop faible diamètre d’emprise, mais ils invitaient  à faire une reconnaissance de sol par forages carrotés et sondages pressiométriques ainsi qu’un relevé topographique.

 

 Ces premiers éléments de calcul de fondation donnèrent des éléments utiles à l’élaboration d’un nouveau projet.

visualisation de la propagation des contraintes dans le sol  par vent extrême

 

 


3) La phase d’ingénierie technique :

Plusieurs Etudes se sont succédées à partir de janvier 1995 :

A)        Les matériaux de construction et la corrosion par l’Institut de soudure : janvier 1995

B)        Reconnaissance du sol par forages profonds,  par le CEBTP : mars 1995

C)        Études aérodynamiques par le Western Ontario au Canada : mai 1995

D)        Étude des modes de construction de la Croix : avril 1996

E)        Réalisation de maquettes

F)        Compléments d’étude par des élèves ingénieurs et analyse des contraintes dans les nœuds      moulés, analyse des noeuds septembre 1996

G)        Nouvelle conception des fondations et calcul par Simecsol : mai 1996 à avril 1997

H)        Éclairage et protection des surfaces

 

 

 

 


 


A) Les matériaux de construction et la corrosion


En janvier 1995 nous avons entrepris l’étude des matériaux et des techniques d’assemblage avec l’Institut de Soudure qui a rendu son rapport en juillet 1995. Les conclusions sont les suivantes :

L’étude de faisabilité réalisée dans le cadre de la présente construction tubulaire débouche sur des solutions actuellement industrielles ou industrialisables à court terme.

Sur le plan des matériaux et des demi-produits pour les éléments tubulaires, une solution apparaît finalement sous cette forme :

 

 

- ébauches forgées en acier traité pour les tubes de forte épaisseur (+ de 80 mm par exemple) et en acier micro-allié pour les tubes d'épaisseur moyenne (40 à 80 mm) .

- tubes standards soudés ou non, en acier non-allié ou micro-allié, pour les éléments de faible épaisseur (- de 40 mm).

Après consultation d'une usine de fabrication, l'approvisionnement pourrait être établi sur la base de nuances du type 16MND5 (R0,2 > 400 MPa; R > 550 MPa)

Au niveau des noeuds du treillis, la solution la plus élégante s'avère celle de la fonderie d'acier faiblement allié du type 12 MDV 6.M. (R0,2 > 350 MPa; R > 480 MPa).

En matière d'assemblages soudés, l’Institut de Soudure insiste sur l'avantage offert par des noeuds moulés qui autorisent l'exécution de simples soudures, bout à bout, circulaires et facilement automatisables, contrôlables et aisément parachevables.

 

 

 

 

Nœud moulé pour plate-forme offshore de River Don Casting en Angleterre

 

Enfin en matière de protection de surface à très long terme, leur préférence irait à un rechargement des surfaces extérieures à l’aide d’un alliage de type cupro-nickel.


 

 

 

B)   Reconnaissance du sol par forages profonds



Un plan topographique est réalisé par la société Joly et le CEBTP de Caen à partir de relevé photogramétriques aériens en mars 1995. En juillet nous confions au CEBTP la campagne de reconnaissance des sols. Il s’agit de trois sondages pressiométriques jusqu'à 55 m et deux forages carottés de 60 et 150 m.

Nous recevons les résultats en mai 1996 : l'analyse de toutes les données révèle six niveaux homogènes très légèrement inclinés, ayant d’excellentes qualités mécaniques (cf. les résultats ci-dessous) nettement meilleures que celles établies à partir des sondages électriques. D’autre part les sols sont aisément forables ce qui facilite la phase d’affouillement


 

 

 

 

 

 


Zone de texte: Planéité du terrain                                                                    


 

 

 

 

 

C) Réalisation de la première maquette

 

 

 

 

Carottes à 150 m de profondeur

 

 

 

 

C)   Etudes aérodynamiques


 


En Mai 1995 nous avons confié à Monsieur Davenport du Western Ontario University au Canada, l’étude aérodynamique préliminaire qui se poursuivra jusqu’en décembre 1996 en plusieurs étapes :

 


La première étape fut la collecte des données de vent :


Nous avons recueilli, auprès de Météo France, les vitesses des rafales de vent mesurées sur une seconde au cours des dernières années, à Caen-Carpiquet et à Saint Gatien des Bois.

Voici les plus importantes :


 

Dates

St GATIEN

CARPIQUET

Direction

26 décembre   1959

28 janvier       1961

11 mars          1963

9   octobre      1964

27 novembre  1965

19 février       1967



122 km/h

169 km/h

140 km/h

151 km/h

162 km/h

158 km/h

158 km/h

166 km/h

140 km/h

158 km/h

Ouest
Ouest
Sud-Ouest
Ouest
Nord-Ouest
Ouest

 

 

 

 


À partir de ces mesures de rafales sur une seconde, le Boundary Layer Tunnel Laboratory de l'Université d'Ontario a estimé que le vent ne pourrait dépasser qu'une fois tous les 50 ans la valeur moyenne de 110 à 120 km/h pendant 10 minutes, à 10 m du sol. Il vérifia que cette valeur était cohérente avec celle retenue couramment pour les constructions, à savoir
100 km/h à 10 m du sol ou bien 200 km/h à l'altitude du sommet de la Croix. L'influence du relief sur la vitesse du vent à l'emplacement de la Croix a été prise en compte à partir des données de l'Institut Géographique National et évaluée à + 10 % à la base et + 3 % à 100 m.

 


 


La deuxième étape fut la réalisation d’essais en soufflerie


Des maquettes de trois sections de la Croix ont été construites selon les règles de similitudes aérauliques :

- Section 1 au niveau 5, de 164 à 205 m,

- Section 2 au niveau 12, de 451 à 492 m,

- Section 3 au niveau 18, de 697 à 738 m.

Elles ont été testées en soufflerie selon les conditions suivantes :

- Force du vent respectivement à 7,5 m/s et à 12 et 15 m/s,

- Orientation du vent variant de 3° en 3° jusqu'à +/- 15°,

- Effets de bord annulés par la présence d’un plancher et d'un plafond encadrant le modèle.

 

 

Maquette de soufflerie

             

Les principaux résultats obtenus montrent une faible sensibilité à l'orientation du vent et des effets du second ordre (perpendiculaires) peu prononcés. Ils aboutissent à un coefficient de traînée mesuré de 0,44 pour la première section, 0,24 pour la deuxième section, 0,11 pour la troisième section.

 

L'analyse des modes propres de vibration, compte tenu de la détermination des modes de balancement et de torsion, a permis d'apprécier les efforts dynamiques qui doivent être pris en considération pour les calculs de la Croix.

Ce calcul des modes propres de vibration a été effectué sur le modèle de calcul filaire “ALGOR” à partir de la répartition de masse calculée par le CTICM dans l'étude statique. A quelques détails près, l'Université d'Ontario confirme les résultats obtenus par le CTICM.

Les efforts maxima qui résultent de l’étude en intégrant les charges statiques et dynamiques sont de 2000 tonnes au pied de la Croix pour l'effort tranchant et 695 000 tonnes.mètres pour le moment fléchissant. Ces évaluations de charges peuvent être comparées à celles que le CTICM a

calculées à une vitesse de 248 km/h en application des règles “Neige et Vent”.

Il en résulte une marge de sécurité significative de l'ordre de 2.

L’Université d’Ontario en conclut que les problèmes dus au vent ne sont pas insurmontables et d’autre part, compte tenu de l'importante marge de sécurité évoquée ci-dessus, il lui apparaît possible de différer les travaux sur un modèle aéroélastique en mettant la priorité sur les problèmes de constructibilité et sur la tenue au vent de la Croix en phase de construction.

 Il importe en outre d'approfondir l'action combinée du vent, de la neige et du givre. En effet, la glace et la neige pourraient modifier la forme et la rugosité de la Croix et conduire à des vibrations spécifiques.

 Enfin il apparaît que la Croix pourrait, sans remettre en cause sa tenue au vent, être équipée de matériels d'ascension et de maintenance, ou d'équipements nécessaires à l'accueil du public



 

 

Vitesse du vent

(km/h)

Effort tranchant

(tonnes)

Moment fléchissant

(tonnes.mètre)

Calculés à partir des essais en soufflerie

194,4

2 000

695 000

Calculés par le CTICM

248

7 690

2 650 000

Extrapolés à partir des mesures en soufflerie

 

248

 

3 235

 

1 124 000

 

Ce tableau montre le coefficient de sécurité de plus de 2 pour le premier dimensionnement réalisé par le CTICM ; les efforts étant proportionnels au carré de la vitesse du vent , on constate que la croix sans équipements peut affronter des vents de l’ordre de 300 à 350 Km/h

 


D)  Étude des modes de construction de la Croix

 


            Nous avons consulté 2 entreprises en avril 1996 : Freyssinet et GTM Entrepose afin de définir les méthodes les mieux adaptées et les plus rapides pour la construction de la Croix : Le principe consiste à réaliser en atelier des quarts de tronçons de 13,67 m de haut puis de les assembler en place par soudage. Le contrôle des déformations dues aux retraits de soudures est réalisé simultanément dans tous les axes à l'aide de résistances électriques mises sur chaque jonction. Des techniques nouvelles de soudure par faisceaux d’électron réduisent aussi considérablement les retraits de soudure et peuvent être utilisées.

La méthode de montage préconisée est la suivante :

- On réalisera à l'aide de grues la construction d’un premier tronçon de 41 m de haut, sur lequel seront installées des plates-formes de travail coulissantes.

- Puis on procèdera à la mise en place de 4 poteaux triangulés verticaux de 60 m de hauteur sur les axes nord, sud, est et ouest. Ces poteaux coulisseront dans les espaces libres de la couronne de la Croix et pourront prendre appui sur celle-ci. Ils seront équipés en partie supérieure  de  dispositifs de levage en cantilever, utilisables par couple, et permettant de hisser les éléments préfabriqués puis de les positionner par translation.

 

 

- La construction du tronc de la Croix se fera par tranches de 13,67 m de haut, en relevant au fur et à mesure les dispositifs de levage jusqu'à la cime.

- La partie intérieure du coeur de la Croix à la jonction du tronc et des bras sera assemblée au sol, équipée de plates-formes de travail, puis hissée à l'intérieur du tronc pour être soudée en place.

- Enfin les bras, d'un poids unitaire de 3000 tonnes, seront assemblés entièrement au sol. et seront hissés simultanément à l'horizontale à l’aide de vérins linéaires jusqu'à 574 m afin d'y être soudés. Au préalable ils auront été liés ensemble par une structure encadrant le tronc qui assurera durant le levage la reprise des efforts de maintien à l'horizontale des bras et permettra leur guidage ou leur blocage sur le tronc en cas de vent trop fort.

Une autre solution consisterait à construire symétriquement les bras par en encorbellement en hissant puis assemblant par soudage des éléments en couronne réalisés au sol, leur poids maximum étant de 500 tonnes.

Le temps de montage de la structure acier a été évalué à 13-14 mois par Freyssinet. Ceci ne tient pas compte du travail de soudure qui peut être réalisé en temps caché.

 

 

 

 


 

 

 

 

E) Réalisation de maquettes,



Tout au long des études, des maquettes de travail ont été réalisées :

Une première maquette en laiton d’un tronçon de 41 m à l’échelle 1/100 ème fut réalisée par nous-mêmes avec l’aide de la Société Eiffel en septembre 1994.

Puis  2 maquettes du cœur de la croix au 1/100ème et au 4/100ème furent réalisées par des élèves ingénieurs. en juillet 1997.

LEAD Technologies Inc. V1.01

Maquette du cœur de la croix

Enfin 3 maquettes complètes de la Croix, selon le désir des ingénieurs, ont été construites.

La première  au 1/250ème soit 2.95 m de haut fut réalisée à Londres par la société anglaise 3DD en collaboration avec l'architecte Grima et l'ingénieur Glynn, pour l’ascension 1995. Elle fut présentée au Concours de la Royal Academy of Arts de Londres. Puis, elle fut présentée à la Haute Butte de Dozulé le  4 juin, jour  de la  Pentecôte 1995, le 23 juillet, le 17 septembre, le 11 novembre et le 23 décembre 1995. L’année 1996, elle le fut à la Haute Butte le 4 février, le 24 et le 28 mars, le 26 mai. Puis elle le fut à la Salle des Fêtes de Dozulé le 8 janvier 1997, devant les Conseillers municipaux de Dozulé, Putôt-en-Auge et Cricqueville-en-Auge ; enfin le 28 janvier 1997 à la télévision FR3 Caen.

 

Deux autres au 1/100ème soit 7.38 m ont été construites à Lille par l’entreprise Putz.

L’une a été érigée le mercredi saint 1997 sur la commune de Lonlay le Tesson, dans l’Orne en Normandie à la croisée du Puits au Héron. L’autre a été offerte au Saint Père par 4000 jeunes du monde entier, le 15 septembre 1999, et implantée au pied de la haute butte à Dozulé.

Croix de la Paix pour Jean-Paul II à Dozulé.

Celle de Lonlay-le-Tesson fut offerte par les amis pour le décès de M. François Blanchard, le 15 aôut 1995.


 

F) Compléments d’étude par des élèves ingénieurs et analyse des contraintes dans les nœuds moulés


De septembre 1996 à février 1997, des élèves d’une École d'Ingénieurs ont analysé sur le logiciel Systus la transmission et la répartition des efforts dans les tubes et dans les nœuds moulés dans les conditions de vent extrême sur la base du dimensionnement initial du CTICM et en tenant compte des éléments d’étude du Western Ontario University. Ceci a permis de faire un calcul de dimensionnement d’un noeud de pied par éléments finis et de le présenter à des entreprises de fonderies : Manoir Industrie en France et River Don Casting en Angleterre.

Nous avons eu la confirmation de la faisabilité des nœuds de grandes dimensions et de leur capacité à transmettre les efforts sans déformation. Le calcul des contraintes dans les nœuds a permis par la suite d’aborder les calculs de fatigue.

 


G) Nouveau projet pour les fondations


À partir de mai 1996 nous reprenons les études sur les fondations. Un premier plan est élaboré avec une crypte de forme ogivale puis nous trouvons une forme mieux adaptée à la construction.

Nous concevons des fondations de type poids, sachant qu'il y a deux types d'efforts à maîtriser :

- un effort horizontal dit effort tranchant, égal à la résultante des efforts de vent, s'appliquant à l'ensemble de la Croix et qui tend à faire glisser horizontalement les fondations. Cet effort évalué au maximum à
8 400 tonnes doit être contenu par le sol alentour. Plus l'assise est large et profonde, meilleure est la répartition de l'effort de butée sur le sol et moindres sont les déplacements. Nous avons donc approfondi les fondations supérieures de 28 m  jusqu'à 54 mètres et élargi la couronne périphérique de 72 m jusqu'à 123 m de diamètre.

La transmission de l'effort horizontal depuis les piliers jusqu'à la couronne se fait au travers de 24 voiles de béton armé, croisés deux à deux, de 4 mètres de large et 54 mètres de haut.

- un moment fléchissant de près de 2 700 000 tonnes-mètre, qui se traduit par un effort maximal d'arrachement de 15 700 tonnes au niveau des piliers porteurs au vent et un effort maximal de compression de 30 000 tonnes au niveau des piliers porteurs sous le vent. Les efforts de compression sont transmis au sol par un radier de répartition au travers des 24 voiles béton.

Pour contenir l'effort d'arrachement, les piliers, en appui sur une platine, sont “cloués” chacun à l'aide de 24 câbles de précontrainte, ancrés profondément dans les fondations et exerçant un effort unitaire de retenue de 750 tonnes. Ces câbles sont accessibles en partie inférieure pour être inspectés et changés si nécessaire.

Le poids des fondations, au-dessus des ancrages des câbles de précontrainte, doit être supérieur aux efforts d'arrachement pour en assurer la reprise sans mettre le béton en traction, et permettre d'éviter tout soulèvement du radier de répartition en contact avec le sol.

Ainsi les efforts de compression verticale sous chaque pilier en partie basse des fondations peuvent atteindre, dans le cas le plus extrême, 50 000 tonnes au niveau des ancrages et 60 000 tonnes sous le radier de répartition. La contre-pression du sol dans les zones libres des fondations est reprise, elle aussi, par le radier de répartition.

Partant de ces principes de fondation, il a été possible d'aménager des espaces sous les fondations. Ils se présentent ainsi :

- une crypte centrale de 28 mètres de diamètre en forme de tente. Elle permet de décentrer vers l'extérieur les efforts verticaux en provenance des piliers porteurs de la Croix. La partie supérieure de la voûte est pleine pour assurer leur cohésion.

Puis en remontant vers le haut se trouvent :

-       un grand déambulatoire circulaire

-       un niveau de salles de réunion et d’échanges

-       enfin l’entrée des fondations située sur le côté, telle l’entrée de l’Arche de Noé qui desservait trois niveaux.

 

La société SIMECSOL spécialisée en géotechnique a validé ensuite ce projet de fondation en avril 1997 à partir d’une modélisation aux éléments finis en interaction sol/structure.

 

Lignes des niveaux de contrainte dans les fondations

 

Elle a conclu : « La construction de la Croix de Dozulé peut être considérée comme possible, sans difficulté exceptionnelle, ceci, compte tenu de circonstances particulièrement favorables : bonne qualité des terrains à partir d’une trentaine de mètres de profondeur et absence d'une nappe profonde. Dans l'état actuel de notre analyse, c’est-à-dire en ne prenant en compte que les poids propres des ouvrages et les effets dus au vent, (dans les conditions les plus extrêmes, selon les données du CTICM), on arrive à la conclusion que l'on devrait pouvoir se passer de barrettes de fondations. »

Visualisation grossie de l’interaction sol fondation, le soulèvement n’est que de 4 cm par vent extrême sur la périphérie des fondations.

 

En mai 1997, la société Géodynamique et structure a calculé, à partir des règles parasismique PS92, zone I a, classe D., les effets d’un séisme d’accélération de 2m/s2. Il en résulte sur les fondations : un moment de renversement inférieur à celui appliqué par le vent, donc non dimensionnant, et un effort tranchant de 19 600 tonnes, qui sera pris en compte dans le calcul des ancrages.

 

La société Solétanche Bachy réalisa en décembre 1997 l’étude de l’excavation et de la réalisation de la paroi moulée circulaire des fondations et conclut à sa faisabilité.

 

Le travail qui a suivi jusqu’en décembre 1997 fut la préparation du dossier de présentation de la Croix et du Sanctuaire comme projet de l’an 2000. Il fut l’occasion de concevoir la ventilation et le désenfumage des fondations avec la société BETAM, un programme architectural avec Europe Etude Gecti, et une planification des travaux de fondations par SIMECSOL :

Ainsi une fois la décision de construire prise, 2 ans sont à prévoir pour terminer les études, lancer les appels d’offres, réaliser la paroi moulée, le radier et monter les voiles rayonnants avant de commencer l’élévation de la Croix.

 

Nous avons par la suite approfondi les fondations de 4 mètres pour permettre d’une part de reconstituer la colline et d’autre part de disposer d’un espace suffisant pour réaliser la pièce d’ancrage de la Croix sur les fondations. Les contacts avec les organismes de sécurité comme les pompiers, nous ont conduit aussi à prévoir sur les 3 premiers niveaux jusqu’à – 28 mètres de profondeur, un espace circulaire périphérique en sens giratoire avec rampes accessibles à des camions, pour les évacuations de secours ou les opérations de maintenance ou de service.

Ceci a permis d’assurer une accessibilité au public beaucoup plus importante ; les circulations ont été étudiées en conséquence. Il reste actuellement à concevoir l’architecture intérieure.



 

 


 

 

 

H) Eclairage et protection des surfaces


Des contacts préliminaires ont été pris avec des sociétés et laboratoires français et allemands sur le traitement des surfaces et sur l’éclairage de la Croix. Des solutions innovantes comme les peintures fluorescentes ont été écartées pour des questions de vieillissement. Des solutions de type “bille de verre”, transposées des technologies de la signalisation routière, sont encore en cours d’examen.

 

Pour ce qui concerne l’éclairage de la Croix, des solutions en lumière noire ou en faisceaux lasers apparaissent moins bien placées qu’un éclairage en lumière blanche avec les projecteurs actuels dont la puissance et le rendement ne cessent d’augmenter. A l’exemple de ce qui a été fait pour la Tour Eiffel, un éclairage placé le long des piliers, à l’intérieur de la Croix, permettrait de réaliser un effet de contre-jour sur les piliers frontaux et latéraux, tout en éclairant les piliers du fond. Ceci rendra la Croix plus lumineuse la nuit.


 

 

 

 

 


4 .Approfondissement des études et contrôles


En octobre 1997, désirant être prêts à construire rapidement et à l’occasion des projets de l’an 2000, nous avons cherché une entreprise susceptible de faire une synthèse technique et  une maîtrise d’œuvre complète de la superstructure de la Croix incluant la finalisation conjointe  des études aérodynamiques et structurelles.

 

 

Les projets de l’an 2000 classant celui de la Croix hors concours, nous différons alors la poursuite des études d’infrastructure, nous nous consacrons au Sanctuaire de la Réconciliation,  au Campanile du Père et à la construction des maquettes de 7.38 m

En mars 1999, nous avons repris le travail d’étude de la superstructure avec le Western Ontario University et la SOCOTEC.

Nous avons défini un programme par approches successives selon notre manière de faire utilisée jusqu’ici. Notre objectif était d’éclairer certains points encore inconnus mais essentiels  pour permettre d’achever rapidement les études afin de ne pas retarder la construction si une décision était prise :

 

-  l’incidence du givre

-  la fatigue de la Croix

- la modélisation des   nœuds, le calcul des contraintes auxquelles ils sont soumis et leur dimensionnement massique.

-  la déformabilité sous l’exposition au soleil, et le calcul des  contraintes thermiques au niveau des fondations.

- lLes moyens d’accès et de maintenance.

- enfin la réalisation d’une maquette aéroélastique complète de la croix pour connaître son comportement global dans le vent et déceler d’éventuelles instabilités afin d’y remédier.

 

Pour poursuivre ces études il était nécessaire de modéliser la croix selon sa géométrie définitive. 

 

Modélisation de la Croix en 2 étapes :

 


La première phase de cette étude était la constitution d’un modèle initial pouvant donner :

- les lignes d’influence, c’est à dire la manière dont un effort en un point dans la croix, se propage dans celle ci.

- les déplacements des nœuds et les sollicitations dans les barres en mode élastique linéaire et non linéaire,

- l’évaluation des modes propres d’oscillation de la structure .

 

Ainsi, nous avons fait en octobre 1999 le repérage des intersections des nœuds de la croix sur le logiciel Autocad, puis nous avons confié à la  SOCOTEC la modélisation complète de la Croix, y compris le cœur, sur la base de nos données géométriques et du dimensionnement initial du CTICM conférant une sécurité de 2 par vent extrême.

 

Ce modèle réalisé sur le logiciel  Hercule est conçu comme un outil d’optimisation permettant d’adapter le dimensionnement aux avancements des études. Ce travail a été achevé en décembre 1999 .


 

 

La modélisation a été poursuivie en mars 2000 par la réalisation d’un modèle simplifié complet déduit automatiquement du premier, et destiné aux calculs aérodynamiques.

 

 

    

 

Modèle filaire

 


 

Incidence  du givre sur la Croix.

 


Dans une première approche nous avions découvert les résultats d’études sur la formation de givre sur les lignes électriques à température ambiante et sur les pylônes hertziens.

Ils  montrent que l’épaisseur de givre mesurée en France atteint rarement l’épaisseur conventionnelle utilisée dans les calculs de lignes et pylônes électriques, à savoir 3 cm dans les zones à faible risque de givre, comme c’est le cas en Normandie, et 6 cm au dessus de 2000 m. De plus, l’épaisseur maximale de givre correspond à des vents quatre fois inférieurs aux vents maxima constatés. En première approche, une augmentation de 6 à 12 cm du diamètre des tubes  serait compatible avec le dimensionnement de la Croix retenu.

 

Sur les conseils du Western Ontario University, un travail de recherche bibliographique sur la neige et le givre a été réalisé par Méteo France.

 

A partir des données recueillies sur les hivers les plus rigoureux des 30 dernières années (années 1962/1963 et 1985/1986), et la prise en compte des vents violents du dernier hiver 1999/2000, le Western Ontario a entrepris la modélisation du givre puis a appliqué les résultats de cette modélisation sur le modèle

 

 

filaire de la croix . Cette étude a confirmé que le givre ne présentait pas de risque.

 


 

Modélisation de l’épaisseur de givre selon la durée et la  vitesse  du vent à 750 m d’altitude.     

 

 

Tableau récapitulatif des calculs aérodynamiques  par le Western Ontario University à partir du modèle filaire.

Ce tableau donne selon le vent et les conditions hivernales les efforts et les déplacements de la croix.

Sous vent de 54 m/s soit 194 Km/h et sous un développement de givre de 20 % , le déplacement ou flèche au sommet est de 2.48 m, le moment en pied est de 848 000 tonnes mètre.

 


Les résultats  des calculs aérodynamiques avec et sans givre ont donc conforté le premier dimensionnement de la Croix . Par extrapolation, en considérant une linéarité des efforts proportionnels au carré de la vitesse du vent, la croix nue, sans équipements est en mesure d’affronter, avec 20 % de givre, des vents de l’ordre de 340 Km/h. En réalité ces efforts ne sont pas linéaires à cause des phénomènes de turbulence, mais on peut penser que la croix équipée de matériels de maintenance

serait en mesure d’affronter des vents de l’ordre de 300 km/h. Nous avons pensé alors que les études de modélisation des nœuds et la  réalisation d’une maquette aéroélastique relevaient plutôt de la phase d‘étude de projet d’exécution, précédant immédiatement la phase de construction. Nous avons néanmoins poursuivi une approche de calcul de fatigue de la croix pour connaître son espérance de vie.


 

 

 

Calculs de fatigue

 


La fatigue se développe lorsque des  variations de contrainte dans les barres constitutives de la croix apparaissent,  ou en quelque sorte lorsque les barres sous contrainte subissent cycliquement une augmentation puis une diminution de contrainte. Plus l’amplitude de variation est grande, plus elle occasionne de  fatigue. Le calcul de fatigue se  fait par le cumul pondéré  de toutes ces variations de contrainte plus ou moins importantes occasionnées par les fluctuations cycliques de la vitesse du vent et de sa turbulence. Le calcul de fatigue permet de connaître le nombre de cycles auxquels l’ouvrage peut être soumis avant qu’il ne soit plus en mesure de résister aux efforts auxquels il est exposé. Ainsi la connaissance des vents sur le site de Dozulé permet de calculer la durée de vie de l’ouvrage et inversement de le dimensionner pour atteindre une durée de vie désirée.

Une approche de calcul de fatigue a été réalisée en  2002 à partir des calculs effectués par des élèves ingénieurs sur sur le logiciel Systus. Les premiers résultats montreraient que la fatigue ne se développe qu’à partir de vents de l’ordre de 75 Km/h (21m/s)  en altitude soit 43 km/h (12 m/s) au pied de la Croix. En considérant comme modèle  l’année très ventée 1999/2000 le calcul de fatigue donne une durée de vie de la croix de 550 ans. Pour des années à vent normal la fatigue serait plus que  2 fois moindre ; en conséquence on peut espérer une durée de vie de la Croix de 1000 ans et plus.


 

 

 

 


La construction


La construction de la Croix, selon les techniciens, devrait durer entre 3 ans et demi et 4 ans. Elle nécessitera les capacités de fabrication de tubes et nœuds moulés du monde entier, mais aussi des spécialistes et apprentis de tous ordres pour mettre en œuvre des techniques souvent à découvrir : calculateurs de structure, soudeurs, géotechniciens, spécialistes des ouvrages en béton, grutiers, alpinistes, coffreurs, peintres …. Les phases préalables à la construction comme l’avant projet définitif et le projet, pourraient être mises en route rapidement car les élément décisionnels pour achever les ultimes études sont  disponibles.


 

 

 

 

 



Le Sanctuaire de la  réconciliation


C’est le jeudi 7 décembre 1972 lors de la troisième apparition de la Croix que Jésus parle pour la première fois du Sanctuaire : “ Dites au prêtre de faire élever à cet endroit la Croix glorieuse et au pied un sanctuaire ; Tous viendront s’y repentir et y trouver la Paix et la Joie. ”

Le Sanctuaire de la Réconciliation est prévu pour  faire l’union  avec les Juifs, les Israéliens, les Catholiques d’orient et d’occident, les Orthodoxes Grecs, Syriens, Arméniens, Coptes, Chaldéo-assyriens, Malabars et Malankars, voire les Musulmans et les Bouddhistes ou les Hindous pour que tous s’y retrouvent dans la paix et la tolérance.

C’est en septembre 1995 que nous avons commencé à imaginer le Sanctuaire à l’image de la Jérusalem céleste descendant du ciel.

 

En décembre nous achevions une maquette au 1/250 ème :

 

 

LEAD Technologies Inc. V1.01

 

 

Le Sanctuaire, posé sous le bras droit (à l'est) de la Croix Glorieuse suit les

mesures données par Saint Jean (Ap 21-22), soit 144 coudées. Ceci donne 72 m au nu extérieur de la nef et 75,40 m à l'emprise des piliers, tant pour la longueur, la largeur, que la hauteur.

Le dôme est un globe de verre, à l’image des continents de notre planète, descendant du ciel
(cf. Ap 21). Il signifie la “Cité Sainte”, la “Jérusalem Nouvelle”, “la demeure de Dieu”, autrement dit une terre hospitalière à Dieu et aux enfants de Dieu. Il est tout de lumière et vitrail, il mesure 72 mètres de diamètre. Il est entouré de quatre petits dômes représentant les constellations.

 

La nef, de jaspe cristallin, est portée par douze colonnes au nom des douze apôtres. Elle est de verre fumé. Et les colonnes, de fer, sont émaillées aux couleurs des douze pierres précieuses de St Jean (Ap 21,19).

Les douze portes sont toutes différentes et au nom des douze tribus d’Israël. Elles sont placées au centre de douze portails en forme des douze perles de St Jean, enfin surmontées de douze anges, toujours selon St Jean.

 

Douze vitraux, selon les mystères montrés à Madeleine, sont placés au-dessus des portes et des anges. Une frise des anges couronne le tout et porte la grande coupole, elle-même encadrée des 4 petites coupoles.

La résille métallique sur laquelle s’appuie la paroi en jaspe cristallin est structurée sur l’angle de 36 ° de l’étoile à 5 branches de Marie et sur 14 comme les 12 apôtres avec Paul et Barnabé.

 

La couronne-filet, de 75.4 mètres de diamètre, charpente du dôme à laquelle est suspendu le globe terrestre, comporte dix couronnes hexagonales et six couronnes pentagonales à huit pétales, et cinq demi-couronnes à cinq pétales à la

base. Les 153 pétales (ou 153 poissons) des rosaces forment un rosaire et signifient les grandes nations ou les grands poissons de la pêche miraculeuse après la Résurrection de Jésus. Les charpentes des petits dômes ont la forme des 4 Vivants : l'aigle, le lion, le taureau et l'ange, des 4 évangélistes protégeant les 4 premiers diocèses de l'Eglise issus de Jérusalem : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche. Ils sont surmontés des croix latine, copte, orthodoxe et grecque

La grande coupole, avec le pôle de Jérusalem à son sommet, atteint 122 m. Au-dessus se dresse une lanterne et l'anneau pastoral de 1 m, surmonté d'une croix de Jérusalem de 7 m. Le tout culmine à 135 m.

A l’intérieur au centre, la colombe de la présence est suspendue au dessus du bassin d’eau vive des 7 sacrements ; sur la diagonale se trouvent la tente de la présence de Dieu et le mihrab vers Jérusalem.

 

 

 

 

8 ascenseurs et 8 escaliers encloisonnés de verre permettent l’accès à la crypte héxagonale à moins 12 mètres  de profondeur et aux différentes coursives du Sanctuaire. L’une à 18 mètres pour l’orgue et les chorales, une seconde à 29 mètres sous les vitraux, et une troisième intérieure et extérieure à 68 mètres juste sous les dômes ; elle est surmontée d’une coursive technique.

 

 

 

 

   

crypte du Sanctuaire


 


L’implantation du Sanctuaire


 

A l’extérieur, au sol, l'anneau de l'Eglise, l'Epouse du Christ, entoure le Sanctuaire avec un diamètre intérieur de 288 m, tandis que l'anneau de Jésus, son Epoux divin, entoure la Croix avec un diamètre de 333 m. Ces anneaux seront de verdure de fleurs ou de dallage, selon le relief qui est sauvegardé pour l'essentiel du paysage bocager. L'anneau de l'Eglise a pour centre le coeur du Sanctuaire. L'anneau du Christ a son centre devant la Croix, à la hauteur du Sanctuaire .Les bras de la Croix est-ouest sont perpendiculaires à la direction du nord réel. Le sanctuaire est axé sur la direction réelle de Jérusalem, qui fait un angle de 20,3 ° avec la direction de l'est. Il est implanté à 111 mètres, au même niveau que la croix.


 


Les  études techniques


 

 



Les études techniques préalables du sanctuaire ont été réalisées de janvier à juillet 1997. Trois modélisations de structure ont été réalisés sur le logiciel Systus par une école d’ingénieur : une pour la rosace du dôme, une pour la verrière suspendue, et une pour la structure porteuse des 12 piliers. Les charges appliquées ont été définies par les règles  Neige et vent.

Ces calculs ont permis de s’assurer de la faisabilité, d’établir un prédimensionnement des éléments structurants et d’affiner l’encastrement supérieur sur lequel vient s’appuyer le dôme.

 

Pendant la même période, les études des verrières ont été entreprises avec le concours de fournisseurs et du CSTB.

Le dôme de verre est constitué de 6 pentagones, 10 hexagones et 5 demi- hexagones, de 15 m de côté ; leur structure en calotte sphérique est de 80 triangles pour les pentagones et 96 triangles pour les hexagones. Suspendus chacun en 2 points sur leur périphérie à la rosace, ils sont indépendants pour assurer leur libre dilatation.

 

Chaque triangle est subdivisé à son tour en 9 doubles éléments verriers de 1.2 mètres de côté. A l’extérieur, un vitrage de sécurité en pose traditionnelle sur la structure assure l’étanchéité ; à l’intérieur sous la structure sont fixés les vitraux de couleur posés au plomb.

Des équipements de maintenance déployables seront installés à demeure sur la coursive technique.

Les petits dômes de 11 mètres de diamètre seront réalisés identiquement sur une structure pentagonale et hexagonale.

 

Les parois verticales sont réalisées sur l’extérieur : en verre fumé sérigraphié pour donner l’aspect du jaspe cristallin et fixé sur le treillis métallique selon la technique du verre extérieur collé. La paroi intérieure en verre fumé pourra recevoir des éléments acoustiques.

Les 12 vitraux selon la technique traditionnelle, font 18 m de haut et 6.36 m de large ; leur forme effilée s'inscrit dans le treillis métallique porteur des parois.

Les anges seront réalisés en résine cristalline et éclairés à l’intérieur par diffusion.

Les 12 portes sont enchassées dans des verrières opalescentes en forme de perle fixées sur une structure à câbles.

 

En décembre 1997 ont été achevées par la société Betam les études d’avant- projet sommaire de la ventilation et du conditionnement d’air : la climatisation sera réalisée par planchers réversibles chauffants et rafraîchissants  et par ventilation-climatisation  par déplacement à partir de 4 centrales de ventilation en sous sol équipée de pompes à chaleur. L’extraction d’air se fera par 8 centrales situées sur la coursive technique supérieure.

Les plans en 2 dimensions du sanctuaire ont été réalisés fin d’année 1998 et durant le premier semestre 1999 dans le but de faire une maquette au 1/100 ème. En fait nous avons poursuivi le travail en réalisant les plans d’avant projet définitif en 3 dimensions qui ont été achevés le 13 mai 2000 en la fête de Notre Dame de Fatima.

 

Le travail à poursuivre serait de reprendre par une entreprise spécialisée le travail de modélisation du dôme pour s’assurer qu’il ne présente pas d’instabilité, puis ensuite de réaliser l’étude des fondations et enfin d’achever l’architecture intérieure et de détail.


 

Le  Campanile  du  Père


Le campanile est distinct du sanctuaire, comme à Lisieux. Il se dressera au point de rencontre de la direction de Jérusalem et de la direction orientale des bras de la Croix. Il signale ainsi le bassin de la purification de 2m x 1.5m, troisième lieu sacré de cette terre bénie. Il est au flanc du Mont Ecanu, le mont des chênes, qui rappelle le Bois Chenu de Jeanne d'Arc à Domrémy.

 

Il comptera 154 cloches, une pour chaque peuple de la terre, de la plus grosse : la Chine, à la plus petite : le Vatican.

Ensemble, elles permettront d'interpréter les mélodies et les prières de tous les pays, incluant pour cela les tons, demi-tons et quarts de tons arabes, indiens, chinois ...

Il rappelle que tout désaccord est appelé à se purifier en vrais accords musicaux. Tous ont besoin de se purifier pour retrouver les vrais accords de paix et une véritable harmonie avec Dieu.

 

L’architecture a été inspirée de la neuvaine de Dozulé donnée par Jésus à Madeleine, comme une prière en 9 étapes, franchissant chacune 17 mètres, pour atteindre 153 mètres.

 

Au sommet, une flèche de 17 mètres, en forme de flamme, porte son niveau à 170 mètres. Elle porte une Croix de 7. 38 mètres.

 

Il est implanté à 99 mètres en contrebas du Bassin de Purification dans le sens de la pente.

 

Trois coursives ont été disposées selon les jours de la neuvaine où Jésus parlait plus particulièrement de son Père : le 1er, le 6ème et le 9ème jour : « Mon Père dont la bonté est infinie veut faire connaître au monde son Message pour éviter la catastrophe. »

« Je recevrai dans la demeure de mon coeur les enfants et les âmes humbles, afin qu'elles gardent une affection spéciale à Notre Père des Cieux. »

« Mon Père dont la bonté est infinie veut sauver l'humanité qui est au bord de l'abîme. »

 

La première coursive se trouve donc à 17 mètres et permet de voir le Bassin et les parvis.

La deuxième est à 102 mètres et donne la vision sur l’ensemble du Sanctuaire.

La dernière est à 153 mètres et donne la vision de la coupole.

 

Le chiffre 17, selon la symbolique des chiffres, est significatif de l'amour.

Le franchissement de chaque étape de 17 mètres se fait par 3 paliers équipés chacun de 2 volées d'escalier de 17 marches, de hauteur 16.67 cm.

Ceci fait 54 volées d'escalier sur toute la hauteur du Campanile, comme le chiffre de l'Alliance, et en disposant des escaliers de 2 unités de passage, cela donne 2 fois 54, soit 108.

 

Les escaliers sont situés à la périphérie jusqu'à la 2e coursive, puis sont circulaires et centraux jusqu'à la 3e coursive.

 

Deux ascenseurs permettent de monter jusqu'à la 2e coursive.

Un ascenseur central permet d’atteindre la 3e coursive.

 

Avec la flèche de 17 mètres, le nombre d'étapes de la neuvaine passe à 10, pour parfaire la prière, où chez les juifs il faut être 10 au moins pour prier. Le chiffre 10 est l'accomplissement de la prière.


 

Les études techniques


La structure du Campanile du Père a été conçue en 10 piliers porteurs de 1.3 x 1.45 mètres de section en béton armé avec précontrainte visitable et remplaçable, espacés de 2.10 mètres, distance minimum pour passer de biais la plus grosse cloche de 2.20 mètres de diamètre.

Le diamètre intérieur du Campanile est de 10.50 m pour un diamètre extérieur de 13.40 mètres.

Une triangulation équilatérale entre les piliers, est disposée selon les nécessités techniques et architecturales ; elle apparaît sur l'extérieur comme des X, lettres du Christ, signe de l'amour du Père pour son  Fils.

Les appuis des coursives ont repris ce dessin sous forme de Y de Yahvé, les frontons des portes en sont aussi inspirés.

Le Campanile s'appuie sur une fondation tronconique.

 

145 cloches du carillon seront disposées sur la 3ème étape de 34 à 51 mètres. Elles pourront être visibles de l'extérieur et de l'intérieur.

Les salles du clavier de jeu et clavier d'apprentissage seront juste en dessous.

9 cloches à la volée seront disposées sur la 5ème étape et juste en dessous, de 63 à 85 mètres. Elles seront visibles de l'intérieur.

Selon les exigences acoustiques, les paliers intermédiaires, où se trouvent les cloches, pourront être sans plancher.

Le Campanile du Père des Peuples sera recouvert de céramique de couleur sur toute sa hauteur.

 

La conception architecturale a été réalisée en mars 1999, sa structure a été calculée en mars 2000 par la société Euro Concept sur le logiciel Eiffel 2000 qui a confirmé le bon dimensionnement du projet. Les plans en 3 dimensions ont été terminés en mai 2000.

Il reste actuellement à dimensionner les fondations.


 

 

 

 

 

 

 

Précontrainte

Modèle et Déformée sous vent extrême

 

                                                

 

CONCLUSION

 

 

La réalisation de toutes ces études a été pour tous une grande joie : gens des bureaux d’études, maquettistes, croyants, incroyants, et avec le soutien de juifs et de musulmans. Pour certains, ces études ont été un chemin pour trouver un travail.

Et l’élévation de la Croix Glorieuse en apportera bien plus encore sur le marché économique.

 

 

Pour la construction elle-même , il y aura une période intermédiaire de un an environ pour réaliser les plans projets définitifs, les plans de détail et leurs calculs dimensionnants, et obtenir les autorisations.

 

Une équipe de maîtrise d’œuvre devra être constituée regroupant les spécialistes de toutes les techniques concourrant à la construction de la Croix. Nous pensons naturellement  aux bureaux d’études internationaux qui ont contribué à l’étude de faisabilité et d’avant projet. Les constructeurs potentiels apporteront aussi leur expérience à cette équipe.

La durée prévisionnelle du chantier devrait être de trois ans et demi : deux ans pour les fondations et un an et demi pour la superstructure.

Les aciéries du monde entier seront mises à contribution pour préparer à l’avance les tubes et nœuds moulés qui seront assemblés sur place.

Nous pensons que de nombreuses personnes (spécialistes ou pas) pourront participer à cette construction où chaque détail aura une importance égale.

 

La construction du Campanile du Père pourra se faire simultanément à la construction de la croix ; la construction du  Sanctuaire pourra être préparée au niveau des fondations mais sera réalisée après la construction de la Croix car il se trouve légèrement sous le bras Est.

 

Les acteurs de la construction seront selon leur nature les suivants :

L’Eglise sera Maître d’Ouvrage de la construction.

Ressource a fait et fera un travail d’assistance à Maîtrise d’Ouvrage.

Les bureaux d’études internationaux feront un travail de Maîtrise d’œuvre ; le Maître d’œuvre réalise les dossiers techniques et consulte les entreprises pour la construction.

Le maître d’ouvrage choisit les entreprises sur les conseils de l’assistance maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre.

Les entreprises de construction construisent et engagent leur responsabilité sur la bonne réalisation.

 

La construction de la Croix Glorieuse exigera une grande confiance entre ces 4 intervenants.

 

 

 

Daniel Blanchard, Antoine Guilbert, Alain Ducass, Anne Malavaud-Lottin, Jocelyne Coursière, Hubert Heslouin,Denis Jaeger, Geneviève Gadbois, Jean-Paul Peccard, Muriel Doisy, Mireille et Michel Ray, Mary-Lynne Lefranc

 

25 décembre 1996, 1ier mai 1997 et  19 mars 2006

 

 

 


Faisabilité administrative et politique

        


La réalisation de la Croix Glorieuse et du Sanctuaire de la Réconciliation sur la commune de Dozulé en Normandie nécessite de nombreuses autorisations et principalement le “permis de construire”.

L'attribution de ces autorisations implique que le projet respecte en tous points les nombreuses réglementations en vigueur et qu'une confiance se soit établie entre les porteurs du projet et les autorités chargées de délivrer les autorisations. Il importe également que la population du lieu se prononce en faveur du projet lors de l'enquête publique prévue par la réglementation française.

Dans cette optique, une étude d'urbanisme a été réalisée au cours de l'année 1996, avec un grand cabinet de géomètres. Le premier point consistait à valider l’estimation du nombre de pèlerins susceptibles de se rendre chaque année à Dozulé après la construction de la Croix. Nous avons tenu compte de la fréquentation actuelle qui est de 15 000 personnes par an, de l’augmentation régulière de la fréquentation des sites religieux et de pèlerinage en France, laquelle dépasse désormais les 50 millions de visiteurs par an, et de la comparaison avec d'autres sites :

Paray le Monial : 1 million de visiteurs par an,

Lisieux : 1,5 millions,

Mémorial de la Paix de Caen : 4 millions,

Lourdes : 5 millions,

Le Mont Saint Michel: 7 millions.

Il est apparu plausible que le site de Dozulé reçoive entre 2,5 et 5 millions de visiteurs par an lorsque la Croix et le Sanctuaire seront construits, avec l'accord des Eglises, de l’Etat et des collectivités autour du message de Dozulé. Il s'agira alors du plus haut monument du monde. A partir de l'hypothèse de 2,5 millions, nous avons estimé que le site devrait pouvoir accueillir 50 000 personnes les jours de grande affluence et en héberger 20 000. Pour calculer les superficies et équipements nécessaires, nous nous sommes basés sur les statistiques réelles de fréquentations de Lourdes et de Sainte Anne d’Auray, ainsi que sur les données touristiques du pays d’Auge, dans un rayon de 20 km autour de Dozulé.

 

Ainsi le projet entraînera vraisemblablement la création de 15 000 lits dont
5 000 à proximité de la Croix. Un raisonnement similaire a été effectué pour les autres aspects de l'accueil, de façon à évaluer l'espace nécessaire au projet. Celui-ci est de 4 ha pour l'espace de prière, exempt de toute activité commerciale, 1 ha pour l'accueil et les commodités, 4 ha pour la restauration et les commerces, et 1 ha pour un espace de congrès, ainsi qu'environ 30 ha pour les accès et le stationnement des autos et des cars. Au total près de 45 hectares seront donc nécessaires à la réalisation du projet.

Ces besoins ont été comparés aux disponibilités indiquées dans le plan d'occupation des sols approuvé le 4 mai 1995 par la commune de Dozulé.

Sur la base d’une activité touristique comparable à celle de Lourdes, c'est à dire 2,5 milliards de francs par an, le projet entraînerait plus de 5 000 emplois directs pour la Région, qui succéderaient aux 15 000 personnes employées à la construction. Le projet de la Croix aurait donc pour effet de recréer les 5 000 emplois perdus par cette même région au cours des 15 années précédentes, et de diminuer le taux de chômage voisin de 14 %, parmi les plus élevés de France.

Outre les travaux décrits ci-dessus, l’association Ressource a consacré la priorité de son effort à diffuser le message de Dozulé grâce à des éditions en français, anglais, italien, allemand, hébreu, et prochainement arabe, espagnol, portugais et indonésien, disponibles par livre au prix de 10 FF et sur le réseau Internet à l’adresse http//www.ressource.fr/

Elle tient informés les responsables des Eglises chrétiennes des résultats positifs obtenus aux plans techniques et historiques, dans l’attente de leur décision favorable.

Elle a entamé plusieurs démarches parallèles en vue de la constitution, si possible en France, d’une structure financière présentant toutes les garanties citées ci-dessus. Elle a recueilli à cet effet l'adhésion d'autres associations désireuses de participer à ce projet.

Une présentation de ces différents éléments a été effectuée le 8 janvier 1997 aux élus des trois communes concernées, qui ont refusé le projet à ce stade. Pour sa part, la Préfecture a refusé d'autoriser les fouilles qui permettraient de connaître et de sauvegarder les vestiges archéologiques à l'endroit du site.

Une étude d'impact environnemental a été engagée pour compléter leur information ainsi que celle du public. Le 28 janvier 1997, une nouvelle émission de la télévision FR3 a présenté, au journal télévisé, les désirs respectifs de Ressource, des maires et de Mgr Pican, évêque de Lisieux.

Le coût total des études de faisabilité engagées au 1er juin 1997 se monte à 2 191 741 FF. Il a été pris en charge intégralement par l’Association Ressource, avec un cofinancement de 593 508 FF par des organismes amis de Ressource, indépendants des associations de pèlerins de Dozulé.

A ce stade, les sommes versées par les pèlerins restent en attente de l’Église au Crédit Agricole de Dozulé, où elles atteignent la somme de 99 351,53 FF.

 

 

D.B., A.G. A.D., H.H.,

25 déc. 1996, 1er mai 1997, janv. 2006.