Jocelyne Coursière                                                                              Dozulé, le 19 mars 2006

Maison Saint Raphaël

Chemin du Mont Ecanu

14430              Dozulé

 

Monseigneur Pican

Evêque de Bayeux Lisieux

 

  Copie au Saint Père Benoît XVI

  Copie à la Conférence des évêques

 

 

 

Monseigneur,

 

 

Lors de mon envoi pour le denier du culte 2006, je vous faisais part de mon regret que le message de Dozulé que je trouve très beau, reste dans l’ombre.

Et dans votre réponse du 2 mars 2006, vous m’indiquez qu’en 1985, le Cardinal Ratzinger, actuellement Pape Benoît XVI, aurait, s’il avait corroboré le rescrit de Mgr Badré paru après coup, fait  plusieurs entorses au droit canon, ce qui serait pour le moins étonnant.

 

Vous précisez en effet qu’à l’époque, il aurait interdit « toute publication de livres et brochures relatives à Dozulé » ce qui serait contraire à l’article 6 du code de droit canonique, et ce qui le confond avec Mgr Badré.

·         Canon 6 : « avec l’entrée en vigueur du présent code, sont abrogés : 1° le code de droit canonique promulgué en 1917. » En effet, le nouveau code en vigueur depuis le 25 janvier 1983 a abrogé depuis cette date  les dispositions concernant l’index et l’imprimatur, dont vous laissez entendre qu’elles seraient encore en vigueur – ce qu’a fait Mgr Badré.

 

Vous indiquez de même qu’il aurait interdit « toute propagande et collecte de fonds en vue de la construction d’un sanctuaire et d’une croix gigantesque de 738 m ». Cette décision apparemment universelle semble contraire aux canons  310 ; 321 :

·         Canon 310 : « une association privée qui ne serait pas constituée en personne juridique ne peut pas comme telle être  sujet d’obligations et de droits » En l’occurrence, le pape ou un évêque n’a donc pas le pouvoir d’imposer des obligations aux nombreuses associations privées de fidèles impliquées dans la diffusion du message de Dozulé et non reconnues.

·         Canon 321 : « les fidèles dirigent et gouvernent leurs associations privées selon les dispositions des statuts. » Même si cela ne semble pas s’être encore produit, il serait illégal  d’interdire à une association à collecter des fonds parmi ses membres pour élever une croix ou un sanctuaire, de quelque taille que ce soit, dans la mesure où cette disposition figurerait dans ses statuts et que les membres accepteraient librement d’adhérer à cette association.

 

Vous écrivez enfin qu’« il aurait interdit tout déplacement à Dozulé », ce qui constituerait un abus de pouvoir par rapport  aux articles ci-après :

 

 

Vous terminez « nous ne pouvons déclarer authentiques les apparitions de Dozulé » ; sur quels critères vous basez-vous ? et si vous les déclarez non conformes à la Vérité, votre responsabilité de pasteur est de m’éclairer théologiquement et avec force arguments, d’autant que j’ai étudié la théologie pendant 7 ans à l’Institut Catholique de Paris. Je serais heureuse de vous rencontrer.

 

 

Je vous fais donc part de ma surprise et de mon étonnement pour ces propos adressés à une personne baptisée laïque, et de surcroît psychanalyste à Caen, en vous proposant de les rectifier de la manière suivante :

 

1)      les propos que vous indiquez ne sont pas du pape actuel mais de votre prédécesseur feu Mgr Badré,

2)      Le qualificatif ironique  « de prétendue butte aux prodiges. » s’applique au  lieu de  l’ancien prieuré de sainte Barbe en Auge, qui a fait l’objet d’une bulle du pape non abrogée à ce jour et ne peut donc pas être qualifié ainsi,

3)      La lettre de Mgr Ratzinger constitue visiblement une réponse à une lettre que vous omettez de joindre. Il serait souhaitable que vous puissiez la joindre pour ne pas tronquer l’information et laisser ainsi aux fidèles laïcs, le soin de savoir à quel propos le Cardinal avait adressé une approbation de la démarche suivie.

4)      La « vigilance prudente » que réclamait alors le pape actuel nécessite sans doute de prendre en compte les souhaits des nombreux évêques, prêtres et fidèles qui, dans le monde entier, vous invitent à reprendre l’enquête canonique conduite par votre prédécesseur  dans des conditions que d’éminents prélats comme le révérend père Curty estiment qu’elle n’a pas respecté les règles élémentaires de ce type d’enquête.

 

De plus, la recherche systématique de la faille formelle est considérée de nos jours comme relevant du pathos courant. Le peuple n’est pas forcément gogo ou parano.

 

 

Veuillez agréer, Monseigneur, l’expression de mes sentiments les plus religieux.