Une hypothèse sérieuse : le grand pouvoir des six illuminismes     

 
24 février 2003      

Les illuminismes dont nous allons parler ne sont pas monnaie courante, même si notre époque en a vu une recrudescence.
Vingt-cinq ans d'expérience comme psychanalyste ne se passent pas sans rencontres de ce genre et de là,
ce qui est rare, sans dialogue avec ce service mal connu qu'on appelle celui d'exorciste.
Au témoignage de ceux-ci, tant en France qu'en Belgique ou en Inde, il ne se trouve chez les personnes en demande de leurs services que dix pour cent de personnes en ayant besoin. Les rares personnes connues de nous ayant fait appel à l'exorciste font partie de cette minorité de fait, et pas plus, et s'en trouvèrent étonnamment bien et mieux. Cette « bénédiction » qu’on retrouve dans toutes les religions n'est pas magique, car telle personne retournera à son passé avec les mêmes symptômes sans qu'on puisse parler seulement de répétition névrotique, mais bien aussi de récidive morale, sans parler de ceux qui utilisent l’illuminisme comme pouvoir social.

Mais parlons plutôt des "grands illuminés", ceux qui "réussissent" socialement. Le problème de toute pathologie, c'est qu'elle est toujours mise en œuvre pour réussir. C'est leur échec qui amène chez un médecin, un guérisseur, un psychanalyste, voire un exorciste. Ce n'est pas le lieu de faire ici une topologie ni une clinique de l'illuminisme.
Par contre, en bonne métapsychologie, nous pouvons esquisser quelques repères à titre d'hypothèses sérieuses.
Ce que nous avons remarqué ce sont deux constantes.
C'est que les illuminés sérieux manifestent deux comportements récurrents.
1- Tout d'abord, ils se confrontent, croyants ou non, de fait ou encore de décision, non pas à une idée ou une énergie divine qu'ils reconnaissent ou croient reconnaître socialement, mais à un Dieu considéré ou refusé comme personnel, infini et spirituel.
Ceci est le propre des sentimentaux océaniques et des angoissés métaphysiques qui se confondent avec, ou se défendent de ce genre de divinités comme phénomènes de société, aussi bien religieuses qu'athées, qu'agnostiques, voire animistes.
Les illuminés proprement dits, tant au pouvoir qu'en échec, se confrontent toujours à la personne et "aux personnes divines". Celles-ci sont affirmées comme telles ou encore déniées comme telles et regardées comme purement et infiniment spirituelles ou encore en y jouant pour ce qui est des créatures.
Ceci a une importance primordiale pour le refus et du corps et des limites chez soi et chez les autres.
2- La superfétation est le deuxième comportement propre aux illuminés. Non contents de s'exhausser, se rehausser au plus haut niveau de l'esprit, de la liberté et de l'infini, ils mettent en place l'abaissement systématique chez les autres des fonctions propres de leur âme, et touchent ainsi leur appréhension du réel, aussi bien expérimentable concrètement qu'objectivable intellectuellement. Les cultures et les civilisations assujetties aux illuminés manifestent de toute évidence un abaissement du niveau d'intelligence comme des tentatives d'expériences. L'exemple de l'URSS face à la création artistique a été remarqué.
Cette objective exaltation de soi confortée par les autres – ici l'orgueil est subtil - se fait de diverses manières et différencie les illuminés. Cette différenciation se fait par la forclusion de l'une ou l'autre des fonctions d'expérience ou de jugement de l'âme, selon le concept jungien. Ceci donne quatre formes d'illuminisme : deux de forme paranoïaque et deux de forme autiste. Mais ils n'en ont que les formes puisque tout illuminisme engage d'abord une bisexualité conquise, donc post-oedipienne. Ceci lui donne cette séduction doublée qui, par séduction sociale, peut paraître décuplée.


Les deux illuminismes du jugement

Ces deux illuminismes du jugement d'apparence paranoïaque se différencient. Le premier par une "pensée" surfaite, portée comme un super phallus du pouvoir. Pour simplifier, ces commandeurs de l'humanité peuvent dire, croire et faire croire : "Je pense donc je suis". On oublie certes au départ le "Je doute" de Descartes, donc à l'arrivée le "Je peux être" douteux. Je ne pense pas, selon l'expérience vérifiée, à savoir si je ne suis pas dans mon identité à moi. Il semblerait que Freud se faisait du Dieu unique de son peuple, une idée bien particulière à cet illuminisme, quand il le voyait comme un cruel tyran. Face à ce premier illuminisme, les grandes traditions ont su se garder. Ainsi l'Eglise regarde comme argument de foi le plus faible,"l'argument d'autorité".
Nous définirons comme second illuminisme du jugement celui qui se réfère à l'accord de son sentiment propre porté presque à l'infini, en tout cas à l'universel, par accord avec le sentiment social des classes, des castes, des religions, d'un empire ou d'une science. Ce sont les grands mouvements dits messianiques qui réapparaissent dans l'histoire des civilisations. Cet illuminisme s'appuie sur la forclusion du sentiment de l'autre pour mieux faire du prosélytisme et porter son sentiment de sauveur au sommet de la société complice.

Ces deux premiers illuminismes apparaissent comme des illuminismes de pouvoir, aux allures paranoïaques s'il en est, quoique générés par des libidos hyper-bisexuelles. Elles assurent leur pouvoir et volonté propres en imposant leur jugement propre à ceux qui leur font allégeance de gré ou de force.


Les deux illuminismes de l’expérience

A ces deux illuminismes, à ces deux pouvoirs illuminés du jugement, s'ajoutent en les complétant deux illuminismes de l'expérience. Ce quarteron de généraux peut tenir en complémentarité complice toute une société trop ambitieuse et sans scrupule.
Les illuminismes de l'expérience se basent sur une superidéalisation, l'un de l'intuition, l'autre de la sensation. Ici l'envie incommensurable est motrice. Cette superidéalisation forclot l'intuition, comme la sensation de l'autre. Ainsi, l'intuition et les sensations des autres en arrivent à se vider de leur être.
Dans le cas de l'intuition forclose, l'être pourra paraître vidé de son âme sous embargo.
Dans l'autre cas, la personne des autres pourra être vécue et se vivre elle-même comme transparente par absence du corps. De fait, leurs sensations sont ainsi tellement assujetties qu'elles deviennent forcloses et gelées. C'est la non-sensation consciente du fakir, le pauvre clochard de l'Orient. Cette expérience si apparemment irréelle est si réelle que certaines écoles de grands cadres la font expérimenter par leurs élites, par exemple en les faisant marcher pieds nus sur des charbons ardents pour les aguerrir à des combats extrêmes.
Sur le plan des civilisations, on a vu les processions d'Amérindiens aller au sacrifice humain pour dissuader Quetzalcoatl, le serpent à plumes ou la comète dévastatrice, de revenir détruire la cité. Sans aller jusque là, nos jeunes filles sacrifiées sur les dolmens des druides ou les secrets sacrifices humains des occultismes modernes, relèvent de ces envies de pouvoir de ces inspirés monomaniaques incontrôlés illuminés.

Pour différencier le 3ème des deux premiers illuminismes et le 4ème, nous avons remarqué que leurs forces ont l'apparence de l'autisme et leurs actions correspondent au noyautage des sous-marins. Leurs séductions sont déjà dénoncées par Homère dans l'Iliade et l'épisode des sirènes, et par Rabelais dans l'épisode des moutons de Panurge. Les illuminés prétendent abolir le temps et l'espace, sans lesquels rien ne se fait sur notre terre.
La troisième forme d'illuminisme agit toujours en inspiratrice, se donnant comme une clairvoyance d'intelligence suprême et définitive. Par la lecture intérieure des intelligences, elle se montre aussi intrusive que fanatique, développant toute problématique dans l'ultime et le définitif, sans avouer bien sûr que sont refusées systématiquement par tout le milieu imprégné, toutes vérifications concrètes et toutes dialectiques raisonnables.
Cependant, toute maturation et macération de leurs projections visionnaires ne pourront se réaliser que par le passage d'un seuil aussi précis, matériel, physique et daté, que le passage forcé par les divas et les seigneurs du 4ème illuminisme. Les inspirateurs ne prennent jamais le pouvoir, mais inspirent toujours comme des imprésarios les vedettes qui concrétisent le spectacle.
Le 4ème illuminisme a ceci de singulier qu'il est très incarné. Serait-il à remarquer que le corps fait l'unité aussi bien du physique que du psychique et de toute liberté du "spirituel" comme dit le Dr François Autin ? Le 4ème illuminisme porte son corps comme un étendard ou une apparition. Il est toujours lié à ce que les anciens appelaient les parousies de leur roi, leur sauveur, inaugurant leur nouveau règne. Le pardon universel en est toujours vécu comme une théophanie. "Dieu pardonne toujours" jusqu'au jour où "la nature ne pardonne jamais". L'unanimité, la tolérance, les "lumières", les plus hautes valeurs humanitaires artistiques et scientifiques, en sont comme l'irisation et l'auréole. Ce ne sont ni la pensée, ni le sentiment, ni l'intuition qui sont au pouvoir, c'est le génie physique sensationnel, jusqu'au jour où le miroir se brise. Attention les yeux ! C'est le temps des sirènes. Et ce sont les orgies des parfums, des délicatesses des palais, le toucher de tout ce qui frémit, ce qui brille et fleurit ou l'ivresse du temps qui semble s'arrêter. C'est comme si était apparu la déesse de tout amour ou Dieu le Père de toute création, de toute bonté. La jouissance la plus raffinée est devenue la norme des plus belles valeurs morales. L'extase mesurée semble offerte en dehors du temps. Vivre en dehors de l'unanimité orchestrée semble impensable, inimaginable et intuitivement impossible. Même la misère, l'exclusion et la pauvreté de tous les parias du monde, paraissent une fumée d'encens valorisant par contraste, par choix semble-t-il et en tout cas par acquiescement, ces lumières des lumières qui semblent avoir brûlé les rétines aux pays des aveugles. Là, qui se donne la mort apparaît encore comme un bienfaiteur de l'humanité pour ne pas faire souffrir les siens et les autres. L'envie la plus totale semble maîtriser l'être humain, dès avant la conception jusqu'après la mort.


Les quatre illuminismes du pouvoir

Ces quatre illuminismes monomaniaques de la bisexualité, au sens de l'amour le plus plénier et de l'amour propre de telle ou telle fonction de l'âme menée à leur niveau complice ultime et définitif, semblent mesurer le temps et l'espace des autres et de civilisations entières. Mais, comme Marx l'a bien montré, ce genre d'états de fait ne sont pas éternels, mais génèrent leurs antidotes. Ce n'est plus la thèse du jugement et du pouvoir qui domine, ni la thèse de l'envie et de l'expérience qui règne, mais ce sont les illuminismes de la désespérance qui viendront et voudront abolir l'un tout jugement dominant et l'autre toute expérience unanime, non sans une double destruction qui viendra caractériser les 5ème et 6ème illuminismes.

Notons en passant que le docteur commun de l'Eglise, saint Thomas d'Aquin, le bœuf muet de Maître Aubert, ce normand des deux Siciles – et c'est là que la boucle se boucle - avait noté les trois particularités du péché originel, tant des anges que d'Adam et Eve. C'est à savoir : le péché d'orgueil, le péché d'envie et le péché de désespoir. Si l'on tient compte du Nouveau Testament du Christ Jésus et de la tentation de nos premiers parents, il semblerait que ceux-ci furent tentés trois fois. La première tentation d'être comme des dieux aurait été de juger au-delà du Père Créateur, à propos du bienfait de ce fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le 2ème passage à l'acte aurait été, tel le fils du Père, d'ouvrir la voie à une plus grande béatitude. Le serpent tenta Eve, Eve tenta Adam et ils accueillirent son prosélytisme. C'est la tentation de l'envie d'ouvrir une voie supérieure à la Parole, au Verbe du Père. La 3ème tentation qu'on reconnaît dans l'illuminisme aurait été contraire à l'Esprit Paraclet Consolateur, l'Avocat des pauvres, qui obtient toujours et partout et pour tous soit le non-lieu, soit le pardon, même si c'est enfin l'acquittement plénier pour l'éternité, après un temps de purification. En effet, Adam et Eve ne se pardonnent plus à eux-mêmes ni à l'autre.                            24 février 2003


Les illuminismes du désespoir
Les deux illuminismes du contre-pouvoir

Après avoir esquissé cette approche des grands illuminismes de pouvoir et d'expérience, aux allures d'ultime paranoïa d'un côté et d'autisme fœtal de l'autre, vus, en tout cas reconnus par complicité d'assujettissement comme manifestations géniales, il nous reste à tenter de cerner et d'un peu définir leurs antidotes antithétiques.
Les apparences ont ici l'allure des grandes schizophrénies sadomasochistes, au sens de Sade et Masoch. Ces loups à peau de brebis, ces superstars à peau d'âne, ont leurs évolutions catastrophiques et même cataclysmiques par choix vindicatif ou délibérément autopunitif. Nous aurions pensé trouver quatre antithèses selon les quatre thèses monomaniaques des grands illuminismes. Or, si dans ce domaine du surfait, la spécialisation, se cristallise sur une seule fonction de l'âme, et fait ainsi recette et florès, l'antithèse se montre plus efficace en se posant en tenaille. L'adversaire est appréhendé comme le fer entre le marteau et l'enclume. Les monomaniaques du désespoir attaquent toujours et de face et de revers. Cette duplicité cependant choisit un terrain ou l'autre, même si c'est successivement. Ces deux terrains touchent soit les fonctions de jugement, c'est le 5ème illuminisme, soit celles d'expérience, c’est le 6ème illuminisme.
Prenons d'abord le 5ème illuminisme. Ici le grand schizophrène vindicatif attaquera par exemple le pouvoir avec un sadisme hyperrationnel. Certains milieux appellent cela le "discernement du diable". Mais en même temps, d'un autre regard et d'une autre main, ce 5ème illuminisme se posera avec le plus grand sentiment comme victime sociale, culturelle, religieuse, politique, voire livrée à tous les diables de l'orgueil.
Pour la 6ème et ultime monomanie illuminée, l'attaque auto-suicidaire, auto-flagellante, autopunitive comme un cri sourd de vengeance se lève et s'abaisse jusqu'au néant. Mais c'est pour abattre, même à ses frais, l'adversaire inspiré ou concrètement déifié. Là aussi, l'autodestruction vengeresse par « le coup de l’édredon » reste muette et secrète et agira sur les plans de l'expérience. Ainsi, une authentique autodestruction physique sera physiquement exhibée, et un sadisme d'autant plus exquis qu'il doit ébranler les plus grands des seigneurs ou des divas, du moins dans leurs auras médiatiques. Mais synchroniquement, une véritable guerre, la plus raffinée, d'intuition à l’intuition et, physique, à la sensation de l’autre posera ces puissants érotomanes de la passion délirante comme victimes symboliques et universelles du milieu à abattre. Serait-ce par cette puissante monomanie adhésive que ce serait fissurée puis écroulée, la grande puissance soviétique ? Les adhésifs de cet illuminisme sont tout à fait capables, comme le gui, de mourir avec l'arbre qu'ils envahissent et parasitent. Les médecins et les prêtres connaissent ces puissantes personnalités passionnelles qui se lient à eux à la vie à la mort. Et dans ce sens, même l'Etat le plus humanitaire et le peuple le plus bienfaisant ne peuvent éviter qu'il y ait "toujours des pauvres" parmi nous. L'unique thérapeutique sera un réentraînement au pas à pas de la liberté, nonobstant toutes les fascinations envoûtantes des bons et mauvais génies de ce monde, pour lesquels la vengeance est si douce à en mourir. Le mauvais génie du dernier illuminisme utilisera cette "schizophrénie" que nous appelons "automutisme", lequel est fondé sur l’utilisation du masochisme fœtal de tous les cocoonings, qui retourne dans le sein de la mère comme des sous-marins.

Ce qui est commun et démentiel en ces illuminismes de la désespérance, c'est le choix de détruire justement les dominants qu'ils ont été eux-mêmes. Et cela en sacrifiant cette liberté elle-même qui les avait menés à leur position culminante.
Ces deux grandes schizophrénies d'apparences et de symptômes sont le contraire de la psychose, par leur passion objectale inouïe et par une liberté volontairement sacrifiée chez eux comme chez l'autre. Ces frénésies du désespoir, l'une centrifuge car vindicative, l'autre centripète car adhésive, sont kamikazes par l'unique but de détruire l'adversaire, et cela au nom d'un totem dont l'empire se veut universel. La différence avec ces kamikazes adorant leur empereur est que ces auto-suicidaires n'adorent aucun empereur si ce n'est eux-mêmes. Mais bien au contraire, ils se vengent subtilement d'avoir perdu leur propre empire, si petit soit-il.
Avons-nous besoin de rappeler que ces fonctionnements illuminés érotomanes mononiaques forment des complexes autonomes, relevant de l'inconscient au moins autant que du conscient ? Mais il est utile de remarquer que la seule prise de conscience ne peut enrayer et symboliser ce processus destructeur. Il sera nécessaire et suffisant que les personnes atteintes de leur monomanie sombre ou brillante retrouvent une égalité avec leurs pouvoirs adverses. Ils pourront alors, avec cette goutte d'eau personnelle de leur propre liberté, faire déborder le vase de leur libido, si socialement investie, ou ce sera dans le sens d'un désengagement pour les monomanies de pouvoir. Ou alors, ce sera dans le sens d'un arrêt pour les monomanies d'expérience. Ce sera enfin dans le sens d'une libération, d'un pardon, si petit soit-il, pour les monomanies du désespoir. Et c'est là, dans cette 3ème conjecture, que la simple acceptation d'un doute authentique peut enrayer le calcul à rebours de l'instinct de mort. Mais le risque du transfert psychanalytique dans ce genre de pathologie extrême est "drôlement" bien illustré par Morris et Goscinny dans "Lucky Luke – La guérison des Daltons". Par le renversement ici comique, mais ici et là souvent tragique, de ces réels pouvoirs, la névrose de transfert peut rendre l'analyste, le prêtre, le médecin voire l'exorciste aussi bien fou que maniaco-dépressif, schizophrène ou suicidaire.                                                                                        le 26 février 2003


Les six embargos de l’illuminisme

Le principe de pouvoir des grands illuminismes tient son efficience de sa faculté d’embargo.
Ils agissent, comme nous l’avons vu, sur les quatre fonctions de l’âme, pour maintenir assujettis à leurs dominations tous ceux qui, bon gré mal gré, subissent leurs fascinations de soi-disants « sur-doués ». Du moins le croit-on !
Par contre, les illuminismes de contre-pouvoir mettent sous embargo soit l’ambition - c’est le cas des vindicatifs par assujettissent du jugement : pensée ou sentiment -; soit le désir - c’est le cas des adhésifs qui gèlent ou paralysent l’expérience : intuition ou sensation. Les deux illuminismes du désespoir, mettent le ça sous embargo.
PS : J’ai entendu un rêve ou un adhésif au 4ème niveau de sa dépression. La femme jalousée lui écrasait le sexe, le pénis par terre.
Les quatre illuminismes de pouvoir assujettissent le « soi », font perdre le quant à soi.          16 mars 2003


Ce qui nous surprend le plus dans cette étude, somme toute synthétique, c’est que les moins libres des psycho-pathologies, les moins transcendantes et les moins "spirituelles", sont induites non pas d’un atavisme génétique mais des dérives socio-religieuses les plus hautes. Autrement dit, les perversions les plus acquises, puissantes et admirées, génèrent les psychoses les plus profondes, délirantes et méprisées. Et les positions psychologiques les moins reluisantes, les plus inhibantes et les moins libres, sont induites, plus encore, imprimées, comme une empreinte, une marque d’esclave, une destruction infamante des tissus psychologiques, justement par les plus hautes ambitions, les amours les plus absolus, les fascinations les plus jouissives. Ce sont bien les passions délirantes passionnelles, donc libres et vides, car sans répondant à leur désir, qui génèrent sur trois ou quatre générations les quatre espèces de psychoses, donc la destruction de l’âme elle-même.
24-25 mars 2003



Notre étude synthétique sur les grands illuminismes touche à la fois le domaine de la psychanalyse, celui de la psychiatrie et celui de la spiritualité religieuse, comme celui des idéologies culturelles ou les intuitions des grandes civilisations. Or les tenants et les aboutissants de notre enquête sont aussi divers.
26 mars 2003



Les grands illuminismes du jugement et de l’expérience sont normalement modérés par la morale, cet art de la liberté qui s’enracine en chaque conscience.
Ainsi, la prudence ne modère plus les illuminés monomaniaques dont le délire est aux commandes. C’est ici que le foi comme force divine (= vertu théologale) peut reconvertir à un amour partagé. De même la justice ne modère plus les sauveurs aux délires monomaniaques.
Aussi, comme à Dieu rien n’est impossible, la foi en Dieu comme un 7ème sens pourra résorber cet illuminisme délirant et délivrer leurs victimes.
Pour les inspirateurs, dont la force de l’intuition devient une arme d’assujettissement contre leurs admirateurs, l’espérance donnée par Dieu devient un 8ème sens, capable de redonner force d’intuition vraie aux fanatisés de ces groupes dits "inspirés".
Ce sera l’espérance comme 2ème vertu théologale et 8ème sens de l’être humain, qui viendra redonner force à la tempérance émoussée par son utilisation hyperséductrice chez les Divas et les Seigneurs comme chez leurs fanatiques. L’espérance restaure les couleurs des cinq sens, comme la force de l’intuition.
Quant aux illuminismes du désespoir, seuls amour et charité peuvent les guérir, et cela par la force de la charité, puissance divine par excellence et en même temps 9ème sens de l’homme en quête de la Sagesse éternelle. Cet amour de charité est le seul remède à l’effondrement de la prudence et de la justice chez les vindicatifs acerbes.
De même, cette charité d’amour est le seule force divine et humaine capable de remédier au cataclysme de la tempérance et de la force intuitive, qui se sont détruites avec le fanatisme physique et psychique.
Si le point de départ de tout illuminisme est l’orgueil humain, envieux ou désespéré, le point d’arrivée est le havre des trois vertus divines, données gratuitement par l’Etre libre qu’est Dieu.
Or, c’est la foi qui va purifier pensée, sentiment, prudence et justice. Et c’est l’espérance qui va éclairer l’intuition et la tempérance, trop faibles pour modérer nos sensations compulsives et nos intuitions follement erronées. Enfin, seule la charité peut unir à Dieu et de même aux hommes ce que la haine et la honte a divisé, séparé, désuni et désintégré.

27 mars 2003                                                                                                                        Daniel Blanchard

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